LE FOYER INTÉRIEUR

Dernière mise à jour : févr. 9

Je me suis beaucoup questionnée sur ce que pouvait représenter mon foyer intérieur.



Cette réflexion est née d’une succession de rêves que j’ai pu visiter, où je n’étais jamais dans ma propre maison. Je me retrouvais sans cesse chez d’autres personnes.

Toujours en déplacement chez l’autre. Jamais chez moi.


Étant attentive à mon langage onirique, je m’interroge sur cette représentation de la maison. Cette fameuse maison, très souvent dessinée intuitivement par les enfants comme pour y poser les premières fondations de leur identité.

D’après le livre des Symboliques, des Mythes et des Croyances de Corinne Morel, la maison serait à l’image de la construction sacrée, la transposition du corps abritant l’âme, la maison est l’enveloppe extérieure qui contient le trésor figuré par la famille ou la communauté.


Sur le plan spirituel, dans le Coran, la maison désigne la mosquée sacrée, la Kaaba.


Il est cité dans le Livre sacré le verset suivant :


« il incombe aux hommes

- A celui qui en possède les moyens-

- D’aller pour Dieu en pèlerinage à la maison »

- ( Coran 3, 97)-


Si nous poursuivons notre enquête, les lettres hébraïques, elles, nous parlent aussi de cette représentation à travers la lettre Beth, la deuxième lettre de l’alphabet.

Le premier mot du livre de la Genèse est Bereshit ;

il commence par la lettre Beth, qui est donc la première lettre de la Bible.


Cette lettre est choisie pour créer le monde, c’est elle qui dit « OUI » à la vie.

Historiquement, Beth représente dans les lettres sémantiques la maison, elle symbolise aussi le commencement et la dualité.


J’en reviens donc à mon questionnement initial, pourquoi ne suis-je pas dans ma maison dans mes rêves ?


En investiguant sur le sujet de ma maison intérieure, je réalise que cette période nous confronte à cette réalité. Celle que nous vivons depuis près d’un an maintenant où le mot « confinement » ne cesse de s’introduire dans nos conversations. Comme si la réalité extérieure nous ramenait à notre propre réalité intérieure.

Comme si une petite voix me soufflait de prendre soin de ce foyer. Serait-ce une fuite ou me laisserais-je porter par les sollicitations extérieures ? Je reste pourtant dubitative face à ces messages de la nuit, ces rêves qui me mènent toujours chez des voisins, des étrangers ou chez des proches mais jamais véritablement chez moi. Pourquoi ces songes me martèlent ces mêmes messages « rentre à la maison ». De rêves en rêves, je quitte mon lieu de vie, telle une nomade, je me vois dans mes voyages nocturnes passer d’habitation en habitation, dans une quête vaine, la fatigue m’envahit, et je ressens le besoin de rentrer enfin chez moi.


Au réveil, un matin de brouillard, je sors mon dictionnaire pour clarifier et structurer ma pensée. Que signifie foyer ? Quels sont les mots justes pour le qualifier ?

À la première lecture voici ce que j’y trouve : Lieu où l'on fait le feu, âtre ; le feu lui-même.


Comme une révélation, mes yeux s’écarquillent d’émerveillement. Dans ce lieu se crée ce feu qui anime et réchauffe nos coeurs, dans ce même lieu secret la première étincelle apparait, celle qui fera naître ce feu sacré de mon temple intérieur.


Pour aller plus loin, je m’inspire de la mythologie pour rencontrer la déesse du Foyer. Elle se nomme Hestia signifiant en grec « le foyer », c'est-à-dire le point de l'habitation où était entretenu le feu. Si l’on se projette au cœur de cette époque primitive, le feu était un élément de vénération et particulièrement sollicité. C’est autour de ce lieu que se réunissait la famille; si l'un de ses membres quittait cette habitation pour fonder une famille nouvelle, il emportait du foyer familial une parcelle de feu représentant la perpétuité de la communauté. Le feu de l’héstia servait aux sacrifices, pour toutes ces raisons hestia devint une divinité pour son caractère sacré.





Et là comme un déclic, je me sens investie d’une mission, je ressens le besoin d’habiter ce lieu, comme pour veiller sur ce foyer, telle la grande Gardienne de Feu, telle la Déesse Hestia. Je comprends mieux pourquoi il est si précieux de l’habiter, car il y fait chaud et bon. Préserver ce feu comme un véritable trésor. Le contenir, le protéger et le nourrir.


C’est fantastique, non ? En effet, mais comment habiter cette maison intérieure. Comment ne pas repartir chez l’autre ? Comment ne pas habiter le terrain de son voisin ? Juste en écoutant les crépitements de son désir et en ravivant ce feu intérieur? Qu’est-ce qui anime cet élan de vie ? Et qui habite ma maison ?

Tant de questions me taraudent dans la tête. Peut-être devrais-je laisser ce mental de côté et me soucier de mon corps et de mes sens. Si je décide de partir de ce lieu, je pars de chez moi, d’un endroit qui me ressemble, imprégné de ma profonde nature.


A l’écoute de mes perceptions, de mes ressentis, de ma profondeur. Une maison qui me sécurise où il fait bon y vivre. Une maison où je peux y accueillir mon prochain, si je le souhaite. N’est-ce pas merveilleux ?


A travers cette quête de soi, je comprends que mon foyer est vivant et ma foi y est. Pour m’y connecter je me relie simplement à ma joie profonde.


Le foyer intérieur est essentiel car c’est de ce point que nous initions le premier mouvement, notre action vers le monde. Si nous partons à partir d’un autre lieu nous risquons de nous perdre en chemin pour revenir vers notre véritable maison.




CHACUN EST ROI EN SA MAISON

"Proverbe français"



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